Publié le 30 décembre 2025
Conjoint, enfants, ami proche ou même une association humanitaire : la liberté de désignation d’un bénéficiaire assurance-vie est large, mais encadrée par des règles précises. Pour organiser la transmission de son capital via une assurance-vie, vous devez comprendre qui peut légalement recevoir ces fonds et comment formuler votre clause pour éviter tout litige.
En bref : qui peut être bénéficiaire ?Toute personne physique ou morale peut être désignée bénéficiaire d’une assurance-vie : votre conjoint, vos enfants (nés ou à naître), un tiers sans lien familial, ou une association reconnue d’utilité publique.

Les personnes physiques désignables comme bénéficiaires

Selon l’article L132-8 du Code des assurances, le capital garanti peut être versé à un ou plusieurs bénéficiaires déterminés lors du décès de l’assuré, sans restriction de lien familial.

La désignation la plus courante reste celle du conjoint, qui bénéficie d’une exonération totale de droits de succession sur les capitaux reçus. Les enfants, qu’ils soient biologiques ou adoptés, profitent quant à eux d’un abattement de 152 500 euros chacun sur les primes versées avant les 70 ans du souscripteur. Cette liberté s’étend également aux personnes sans lien de parenté : un ami de longue date, un partenaire de Pacs ou un concubin peuvent parfaitement être nommés.

Main d'une personne âgée posée sur celle d'un jeune adulte en signe de confiance

Catégories de bénéficiaires personnes physiques

  1. Le conjoint marié ou partenaire de Pacs : exonération totale des droits de succession sur le capital transmis
  2. Les enfants nés ou à naître : formulation recommandée pour inclure un enfant arrivant après la souscription du contrat
  3. Les héritiers légaux : désignation possible des ayants droit de l’assuré ou d’un bénéficiaire prédécédé
  4. Tout tiers librement choisi : ami, neveu, voisin, sans obligation de lien familial

Cas fréquent sur le terrain : un souscripteur désigne son neveu par son prénom seul, sans autre précision. Problème : deux neveux portent ce prénom dans la famille. Résultat : la clause bénéficiaire devient inopérante et le capital tombe dans la succession classique. Pour éviter ce piège, la bonne pratique consiste à mentionner l’état civil complet de chaque bénéficiaire (nom, prénom, date et lieu de naissance). Pour approfondir les bonnes pratiques, consultez les conseils sur la désignation des bénéficiaires d’assurance-vie.

Désigner une personne morale : associations et organismes

Au-delà des proches, vous pouvez désigner une association, une fondation ou tout organisme comme bénéficiaire de votre contrat, une option méconnue qui permet de donner du sens à votre épargne.

Les associations reconnues d’utilité publique comme Médecins Sans Frontières bénéficient d’un avantage fiscal majeur lors de la réception du capital. Selon InfoDon, ces organismes sont exonérés de droits de mutation à titre gratuit, ce qui signifie que l’intégralité du capital leur revient sans prélèvement fiscal successoral.

Bon à savoir : Les fondations et associations reconnues d’utilité publique désignées bénéficiaires sont totalement exonérées de droits de succession. Seuls les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % s’appliquent sur les gains du contrat au moment du décès.

En pratique, pour désigner valablement une association, vous devez mentionner sa dénomination exacte, son numéro SIREN et l’adresse de son siège social. Cette précision évite toute confusion avec des organismes homonymes. Vous pouvez également prévoir une répartition entre vos proches et une cause qui vous tient à cœur : par exemple, 80 % pour votre conjoint et 20 % pour une fondation de recherche médicale.

Rédiger et modifier la clause bénéficiaire sans erreur

La rédaction de la clause constitue l’étape cruciale pour garantir que votre volonté sera respectée : une formulation imprécise peut rendre la désignation caduque.

Erreur fréquente constatée par les notaires : désigner « mes enfants » sans préciser « nés ou à naître » exclut automatiquement un enfant arrivant après la souscription du contrat. Cette formulation incomplète peut créer une inégalité involontaire entre vos héritiers. La solution consiste à utiliser systématiquement la formule complète recommandée par les professionnels : « mes enfants, nés ou à naître, vivants ou représentés ».

Attention à la réserve héréditaire : si les primes versées sont jugées « manifestement exagérées » par rapport à votre patrimoine global, vos héritiers réservataires peuvent contester la clause devant les tribunaux. Selon un arrêt de la Cour de cassation du 19 décembre 2024 rapporté par Dalloz Actualité, l’intérêt des héritiers réservataires constitue toutefois un critère étranger à cette appréciation.

Conseiller en patrimoine expliquant un document à un couple attentif dans un bureau sobre

La modification de votre clause reste possible à tout moment, sauf si le bénéficiaire a formellement accepté sa désignation. Dans ce cas de bénéficiaire acceptant, vous devrez obtenir son accord écrit pour tout changement. D’après Service-Public.fr, l’assureur dispose d’un mois pour informer le bénéficiaire de l’existence d’un contrat à son profit après le décès.

Points de contrôle avant de finaliser votre clause :

  • Vérifier l’état civil complet de chaque bénéficiaire désigné
  • Prévoir des bénéficiaires de second rang en cas de prédécès
  • Conserver une copie de la clause dans vos documents personnels
  • Informer vos proches de l’existence du contrat

Pour sélectionner le support adapté à vos objectifs de transmission du capital, vous pouvez consulter un comparatif d’assurance-vie pour le meilleur contrat.

Clause bénéficiaire : les 4 points à retenir

  • Vous pouvez désigner librement toute personne physique ou morale comme bénéficiaire
  • Les associations reconnues d’utilité publique sont exonérées de droits de succession
  • L’état civil complet de chaque bénéficiaire évite les clauses inopérantes
  • La modification reste possible sauf en cas de bénéficiaire acceptant

Limites de ce contenu : Cet article présente les règles générales applicables en France et ne constitue pas un conseil patrimonial personnalisé. Les situations impliquant des héritiers réservataires ou des montants élevés nécessitent une analyse individuelle. La fiscalité mentionnée est valable à date de publication et peut évoluer. Consultez un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine pour votre situation particulière.

Rédigé par Élodie Mercier, spécialiste en assurance de personnes et en transmission patrimoniale, elle accompagne les particuliers dans la compréhension de leurs contrats. Sa pédagogie permet de vulgariser des notions juridiques complexes sans sacrifier la précision. Elle collabore régulièrement avec des notaires et des conseillers en gestion de patrimoine.